Généalogie artistique

Une lignée
d’artistes.

Du côté de sa mère, un poète, une comédienne, une poétesse et une critique d’art ; du côté de son père, un musicien.

Mélot du Dy à Rixensart en 1939
Mélot du Dy à Rixensart, en 1939

Le grand-père et la grand-mère

Mélot du Dy
et Blanche Dudicourt

Robert Mélot, dit Mélot du Dy (1891-1956) · Blanche Dudicourt (1891-1968)

Robert Mélot naît à Bruxelles le 27 octobre 1891, dans une famille de la bourgeoisie lettrée : son père dirige l’imprimerie qui tire L’Écho de la Bourse. Après le collège en France et des études de langues à Munich, il voyage en Angleterre et en Italie, puis rentre à Bruxelles en 1912.

L’année suivante, au Théâtre du Parc, il rencontre Blanche Dudicourt, comédienne française en tournée, qui dit aussi des poèmes dans les salons littéraires. Ils se marient en 1914 et auront trois filles, Nadine, Odette et Jordaine. Blanche s’appelait Du-di-court, disait-il en détachant les syllabes : de là « Dudi », puis le nom de plume Mélot du Dy.

Poète, prosateur, critique, journaliste et traducteur, il publie ses premiers recueils dès 1910. En 1922, il fonde Le Disque vert avec Franz Hellens, Odilon-Jean Périer et Paul Fierens, une revue d’avant-garde qui consacre des numéros spéciaux à Max Jacob, à Charlie Chaplin ou à Freud. Il vit d’abord à Vielsalm, dans les Ardennes, où sa maison est détruite par la foudre en 1925, puis à Maintenon, en France, avant de s’installer à Rixensart en 1929. Il y reçoit ses amis Jean de Bosschère, Jean Paulhan, Norge, Edmond Vandercammen ou la poétesse brésilienne Cecília Meireles. Il joue aussi du piano, de Bach à Debussy.

Reconnaissance littéraire

Une reconnaissance
venue de ses pairs

En 1924, Hommeries paraît à la Nouvelle Revue française dans la collection « Une œuvre, un portrait », avec un portrait d’André Lhote et une dédicace à Jean Paulhan. Mélot du Dy est le premier auteur belge accueilli dans cette collection. Amours y paraît en 1929, avec un portrait d’Edgar Scauflaire. Le jeune éditeur Robert Denoël, qui fut son ami, lui consacre un article en 1924, une conférence à l’université de Liège en 1925, puis publie trois de ses recueils entre 1935 et 1937.

Les anthologues de la poésie belge le retiennent de son vivant, de Norge à Robert Guiette, et l’Académie picarde l’élit en 1946. La critique le range parmi les poètes fantaisistes, mais lui se disait le fils spirituel de Ronsard. Après sa mort, un Choix de poésies paraît en 1960 à Paris, puis l’Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique réédite ses Poèmes choisis en 2001. Jean Tordeur le tenait pour « l’un de nos poètes les plus originaux de la première moitié de ce siècle ». Il fut aussi un traducteur remarquable de Shakespeare, de Keats, de Pétrarque, de Goethe et de Cecília Meireles.

Couverture du Disque vert, numéro spécial Le cas Lautréamont, 1925
Le Disque vert, « Le cas Lautréamont », 1925
Couverture du Disque vert, numéro spécial Freud et la psychanalyse
Le Disque vert, « Freud et la psychanalyse »

Les œuvres

Bibliographie

Poésie
Printemps (1910) et Butin fragile (1912), signés Robert E. Mélot ; L’Idole portative (1919) ; Le Sot l’y laisse (1920) ; Mythologies (1921) ; Diableries (1922) ; Hommeries (1924) ; Amours (1929) ; À l’amie dormante (1935) ; Signes de vie (1936) ; Lucite (1936) ; Jeu d’ombres (1937) ; Choix de poésies (1960, posthume).
Prose
Les trois grâces (1919) ; L’Ami manqué, roman (1929) ; La lettre au médecin (1942) ; Trois récits (1960).
Traductions
XXV sonnets de Shakespeare (1943) ; Poèmes de Keats (1944) ; Poèmes de Cecília Meireles (1953).

La tante

Nadine Mélot,
la tante poétesse

Aînée des trois filles de Mélot du Dy, Nadine prolonge à sa manière l’œuvre de son père. Elle écrit des poèmes courts, des maximes et des aphorismes, qu’elle destine d’abord à ses amis. Les Archives et Musée de la Littérature, à Bruxelles, conservent ses manuscrits écrits entre 1967 et 1992 : Les pas dépassés, Il fait soleil dans la caverne, Cris à longueur de nuits, Clef de fa, Le petit bestiaire, Le bestiaire attentif, D’éclats en sourdines. C’est aussi à elle que l’on doit, en 1975, l’autorisation de publier des extraits des lettres de Robert Denoël à son père. Une photographie du même fonds la montre avec sa sœur Odette, auprès de Jean de Bosschère.

Le père

Laszlo Revesz,
le père

Musicien professionnel d’origine hongroise, Laszlo Revesz tient la partie d’alto dans le Quatuor Gertler, créé en 1931 par le violoniste André (Endre) Gertler, installé en Belgique depuis 1928 et ami de Béla Bartók. En février 1932, le quatuor part en tournée en Italie. La presse de Rome et de Venise y salue quatre jeunes artistes hongrois, et un ensemble qui compte parmi les meilleurs d’Europe, avec des programmes de Haydn, de Beethoven et de Debussy. Revesz joue alors aux côtés de Gertler, de Gyula Baumann et de Lajos Frank. Plus tard, dans une autre formation du quatuor, on retrouve Pierre de Groote au violon et Marcel Lounon au violoncelle.

La mère

Odette Mélot,
la mère

Deuxième des trois filles de Mélot du Dy et de Blanche Dudicourt, Odette devient critique d’art à la radio belge, où elle parle de peinture et de sculpture aux auditeurs. Elle est la mère de Rachel Revesz.

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Les sculptures de Rachel

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